Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /Fév /2010 18:30


« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l’admettre. L’humanité souffre. Elle souffre de mal-développement, au nord comme au sud, et nous sommes indifférents. La terre et l’humanité sont en péril et nous en sommes tous responsables (…), notre responsabilité collective est engagée… » 

 

Je n’ai pas pour habitude de citer Jacques Chirac, mais il faut reconnaître que son discours devant l’assemblée plénière du sommet mondial du Développement Durable à Johannesburg (Afrique du Sud), le 2 septembre 2002 fait aujourd’hui date si l’on le met en face de la « Déclaration finale de la conférence des Nations Unies sur l’Environnement » de Stockholm, le 16 juin 1972… «  L’homme doit constamment faire le point de son expérience et continuer à découvrir, à inventer, à créer et à avancer... les exemples de dommages, de destruction et de dévastation provoquées par l’homme se multiplient sous nos yeux en de nombreuses régions du globe… » .

 

30 ans séparent ces deux déclarations… alors la prise de conscience actuelle, dans les plus « hautes instances » est vraiment à saisir. La crise que nous traversons est porteuse d’espoir, oui, car l’avenir n’a jamais paru plus sombre…nous sortons d’une période de croissance sans précédent, et nous mesurons maintenant après les retombées écologiques, les retombées économiques et sociales d’un tel développement.

 

Alors, que faut-il faire ? Continuer à nous interroger sur la « relativité de l’urgence » ou sur la difficulté de mise en œuvre d’actions concrètes dans le cadre d’une prise de conscience collective avérée : quelles actions politiques concrètes, mais qui ménagent l’électorat ? Lorsque l’on prend du recul sur des déclarations politiques, l’ambivalence des discours déchirés entre les encouragements à la croissance et la protection de notre environnement n’inspire pas confiance… Faut-il donc condamner la croissance et prôner la « décroissance », ou la penser mieux et autrement ?Plusieurs mouvements s’opposent, là des économistes, là des philosophes, là des ONG.

 

Que les Pays les plus riches deviennent plus économes disent certains, tandis que les pays pauvres doivent eux nécessairement croitre pour satisfaire leurs besoins essentiels, en prônant la croissance des biens et des services dont nous avons socialement besoin : transports collectifs, santé, éducation aide aux personnes… (Jean-Marie Harribey, membre du conseil scientifique d’ATTAC), idée séduisante… mais quels financements ?

 

Je veux souligner mon parti pris de la croissance, nécessaire, mais à mieux répartir qualitativement et quantitativement, en misant sur le développement durable comme le lien entre la raison et le développement, la démonstration concrète se faisant dans les villes ayant mis en place un agenda 21 par exemple : on peut penser un territoire, un développement économique, en imaginant les transports, les lieux de vie, d’échanges, sociaux et commerciaux … penser global agir local, oui, et c’est pour cela que je prône une politique de l’action et du faire en la matière, qu’il nous faut porter dés les prochaines échéances électorales : pour ma région, je pense global : un déplacement propre (exigences environnementale), adapté aux exigences économiques (rapide), aux exigences sociales (lien entre pays), un transport qui inscrit notre région dans un développement soutenable.

 

Ne pas concevoir que la LGV est aujourd’hui la solution la plus adaptée en réponse au « tout camions », au « tout voitures », est criminel à long terme. Je ne conçois pas que 30 années s’écoulent à nouveau, sans qu’il ne se passe rien ! Les électeurs sont avant tout citoyens, nous leur devons une politique de respect, préparer demain en agissant aujourd‘hui est une nécessité. La LGV sert justement cette autre forme de croissance que je défends : mieux répartie, plus propre et plus juste, car elle lutte aussi contre les inégalités entre les territoires.

 

S’il vous plait, amis « anti-LGV » que je connais, ayons le courage ensemble de dire oui, au delà de nos étiquettes politiques, au delà de nos intérêts électoraux, c’est bien aujourd’hui que tout se décide : dans 30 ans, mon fils aura mon âge !

 

 

 

 

Par Guillaume Bourrouilh-Parège - Publié dans : Local
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Commentaires

merci pour cet article courageux

je serais tres heureux si tu acceptais de tps en tps de publier un article sur la communauté que je gère : Humeurs (le lien se trouve sur le coté de mon blog)
amitiés
Commentaire n°1 posté par evasion735 le 22/02/2010 à 18h55
Guillaume, tu es le socialiste de Bruges en qui j'ai le plus confiance. Beaucoup de choses nous rassemblent, et je déplore que nous ayons à nous déchirer sur la LGV.

Tu parles de croissance qualitative, je parle de décroissance, cela est la même chose. Peu importent les mots, ce qui compte, c'est le contenu.
Nous sommes d'accord : des choses doivent décroitre : la pollution, l'empreinte écologique, le temps perdu dans les bouchons, les accidents de la route, les maladies etc..., et d'autres doivent croître : les transports collectifs, l'agriculture biologique, les énergies renouvelables, la chimie du végétal, car il nous faut sortir de la chimie du pétrole, etc..etc...

Il y a tant d'autres sujets que la LGV! Pourtant c'est un point crucial pour lequel tu as comme tous les pro LGV, un angle mort. Comme un conducteur de 4x4 haut perché qui ne voit pas qu'il prend le mauvais chemin, la mauvaise ornière.

Le budget de la région n'est pas extensible, et pour nous la priorité, ce sont des TER de qualité, qui arrivent à l'heure, qui ne soient pas annulés au dernier moment, qui soient cadencés.

Ce n'est pas de faire gagner quelques minutes à des cadres stressés qui vont à Paris en réunion pour la journée au prix de nouvelles destructions d'écosystèmes fragilisés.

Le temps de l'économie n'est pas le temps des phénomènes biologiques ou physiques et il est impossible de réduire à une évaluation monétaire un espace naturel.

La politique du conseil régional devra tenir compte des ces temps biologiques, de ces espaces naturels, et arriver à insérer l’économie dans la biosphère . Car un développement économique qui dégrade un éco système, et je pense ici à une autoroute A 65, ou à une LGV, ou un développement économique qui produit des déchets radioactifs, des déchets mortels pendant des centaines de milliers d'années, et je pense à la centrale du blayais qui produit aujourd'hui 90% de l'électricité d'Aquitaine, ce développement là est mortifère.

Dans trente ans ton fils aura ton âge et il dira sûrement que son père a fait du mieux qu'il pouvait, mais est-ce suffisant?
Commentaire n°2 posté par pascal desclaux le 25/02/2010 à 14h41
Je ne pense pas qu'il s'agisse de déchirement. Effectivement, je pense que la LGV est un progrés pour les Aquitains et pour l'envirronement et je mesure aussi la nécessité d'enrichir encore un réseau "secondaire", les TER, transport de proximité et d'équité des territoires, c'est justement ce que permettra le déploiement du TGV, qui libérera des capacités ferroviaires supplémentaires sur la ligne classique et facilitera le transfert de marchandises des camions vers les trains; lorsque je dois me déplacer à Paris aujourd'hui, cher ami, je considére que c'est un progrés réell de pouvoir y aller en train : pour des raisons professionnelles, familiales ou culturelles. Enfin, quel progrés pour l'Europe et pour nos échanges avec l'Espagne !
Réponse de Guillaume Bourrouilh-Parège le 02/03/2010 à 08h50
Le plus est-il toujours mieux?
J'ai connu l'époque "sans TGV", on mettait 5 heures au mieux pour aller à Paris.
Il m'arrivait d'aller en déplacement pour des réunions à la capitale.
D'une part on regroupait les réunions,ou les formations, ce qui évitait de se déplacer à tout bout de champs, d'autre part, on avait des "délais de route". On partait la veille, on revenait le lendemain...
Aujourd'hui, on est appelé à Paris pour un oui ou pour un non, et pour la journée. On part avant 6h, on est rentré après 20h30, et le lendemain on est au boulot.
Ce n'est pas du progrès social.
De plus le TGV est quand même un mode de déplacement de classe. C'est aussi diffuser le désir fou d'ubiquité que nous propose notre société.
Pour sortir de la crise écologique et sociale il faudra la relance verte, la croissance d'activités riches en emplois locaux et économes en énergie, mais aussi il faudra interroger nos besoins. Besoin d'ubiquité? de rapidité?
La mise en question de la LGV (pas des TGV), c'est une mise en question des priorités. Il nous semble plus urgent de rénover des voies qui n'ont pas été touchées depuis 1972!
Commentaire n°3 posté par pascal desclaux le 02/03/2010 à 09h38

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