Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /Nov /2009 11:45
 J'ai traversé Zadar sous les bombes.
 J'ai vu Mostar sous les tirs des snippers.
 J'ai vu Dubrovnik, joyau de l'histoire, détruit.
 J'ai vu des enfants courir derrières nos véhicules, en quête de nourriture.
 J'ai, en pleine nuit, été réveillé par des soldats masqués, kalachnikovs aux points, sans savoir s'ils étaient Serbes, Croates ou Bosniaques...

 La chute du mur de Berlin fut le point de départ de l’éclatement étatique de l’Union Soviétique, plus qu’un préambule à la mise en place de la démocratie, puisqu’elle a soulevé des « haines nationalistes » quelques courtes années après, dans les Balkans.


J’ai vécu cette guerre de l’intérieur, ayant passé deux ans dans l’humanitaire, engagé dans une association Espagnole.


J’ai longtemps et beaucoup discuté avec des jeunes de mon âge, étudiants, perdus dans ce conflit, avec l’envie furieuse d’en finir et de comprendre.


Comprendre cette haine et cette barbarie, encouragées par des dogmes religieux, « ethniques », identitaires … la quête de l’identité, comme préambule à la guerre !


Inutile de préciser, que ces mots (maux ?) issus du paradigme identitaire me font frémir !


La chute du mur a marqué la fin d’une idéologie mais pas la fin des « collectivismes », niant la notion première, telle que définie dans les Droits de l’Homme, de l’individu libre et responsable.


Il y a autant d’identités que d’hommes, vouloir les réunir autour de points communs, géographique, religieux, ethniques, linguistiques… est une négation même de l’identité. L’identité est ce qu’un individu ne partage avec personne !


Malheureusement l’histoire prouve que de se réunir autour de points communs, engendre plus de conflits que de constructions, plus de mort que de vie.


L’humanité parcellisée, n’est ainsi qu’un ensemble de « collectivisme » engendrant la notion souvent rassurante dans un contexte de crise, le nationalisme.


Pour preuve, les questionnements autour de « l’identité nationale » en Autriche, récemment, ont conduit au pouvoir, le Parti Libéral Autrichien, parti nationaliste et populiste de droite…


« La patrie des Droits de l’Homme » ne peut pas aujourd’hui soulever la question de « l’identité nationale », par la voix de son ministre de l’immigration (dont la constance et la fiabilité intellectuelle peuvent inquiéter…), sans revenir sur son histoire et sans aborder la question « d’internationalisme ».


Oui, je pense qu’il est primordial de  défendre les intérêts communs à l’humanité plutôt que de la diviser. Il faut que cette finalité n’échappe à personne, même avec les manipulations les plus habiles venues du plus haut rang de nos dirigeants : diviser pour mieux régner bien entendu !


Un nouveau champ lexical est né : Identité nationale, nationaliste, nationalisme, extrémisme, populisme, bessonisme …


Que l’ensemble de ses collègues crient fort leur désaccord ou qu’ils se préparent à intégrer ce champ lexical !


Je veux conclure ce billet un peu épidermique par une citation de Kundéra qui porte avec justesse le sens de mes propos :


"Les extrêmes marquent la frontière au-delà de laquelle la vie prend fin, et la passion de l'extrémisme, en art comme en politique, est désir déguisé de mort."

Par Guillaume Bourrouilh-Parège - Publié dans : National
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